Wat Phnom

Situé dans l'axe du boulevard Norodom, ce grand rond-point boisé, le Wat Phnom est un monument très célèbre au Cambodge. Surtout par la légende de la fondation de la ville de Phnom Penh.

Wat Phnom à Phnom Penh


Celle-ci remonte au XVIème siècle, pendant le règne du roi Ponhea Yat :
« Il y avait une dame très riche, nommée Pen. Elle n'habitait pas loin de la rive du fleuve, sur une terre flanquée à l’Est d’une butte conique. Un jour que le fleuve grossissait par les pluies et sortait de son lit, Daun Pen (Daun signifie vieille femme)s’approcha de la berge et vit un grand arbre «koki» qui dérivait.




Intéressée par récupérer ce bois précieux, elle invita ses voisins à l’aider à se saisir de cet arbre. Pendant qu’elle le débarassait de ses branches, Daun Pen découvrit dans un creux de l’arbre quatre images de Boudha en bronze et une statue en pierre.
Daun Pen et tous les gens alentour furent très contents de cette trouvaille. Ils ramenèrent les idoles en grande pompe jusqu’à la maison de Daun Pen et contruisirent un abri provisoire.




Daun Pen demanda aux habitants de venir l’aider à élever une petite colline (un phnom). Et ensuite scier le koki, dont le bois devait servir à construire la charpente d’un sanctuaire (wat). En 1372 Daun Pen avec ses voisins édifia ce sanctuaire sur le phnom et en recouvrit la toiture de chaume (sbau kleang).
Elle y plaça les quatre images de Boudha » .

Quant à la statue en pierre, elle l’installa au pied du phnom à l’Est parce qu'elle venait au fil de l’eau en provenance du Laos.

On l’appela Nerk ta Preah Chao (l’esprit de Preah Chao).
Enfin on a invité les bonzes à venir habiter au pied du phnom à l’Ouest, d’où le nom de Wat Phnom Daun Pen. Maintenant on l'appelle « Wat Phnom».


En montant le dos au boulevard Norodom, on découvre, au niveau du stûpa, dans un abri du côté du passage entre le vihara et le stûpa, une représentation votive de la souriante madame Penh.


Le Wat Phnom recouvre actuellement environ 5 hectares.
Au centre il y a un grand stûpa, visible de toute la ville, sur une base carrée de 26m de côté.
La hauteur de ses deux étages s’élève à 42m25.

Le sanctuaire-temple en chaume fut donc construit en 1372, suivi par la première construction qui date de 1434, rénovée ensuite en 1806 et en 1881.


Le temple actuel en briques a été construit en 1925 et contient les restes du Roi Ponhea Yat (1405-1467), ce même roi qui a déplacé Angkor la capitale du Cambodge d’alors, à Phnom Penh en 1435.
Aujourd’hui on dénombre 13 stûpas au rez-de-chaussée et 14 stûpas sur la colline.






De nos jours, le Wat Phnom n’est plus occupé par les bonzes. Il n’y a que des vieilles personnes qui y séjournent pour surveiller.
Très fréquenté les quatre jours saints du mois et les fêtes boudhiques comme Pchum Ben (fête des Morts) par les pratiquants, la colline est alors parfumée par les baguettes d’encens qui se consumment, pour exaucer un vœu.
Si le voeu est exaucé, les fidèles reviennent avec les offrandes promises (fruits, fleurs de lotus ou jasmin... ).



Le site sert également de lieux de manifestations officielles.
Dès les premiers rayons de soleil, on peut voir un vieil éléphant faire un petit tour avec une nacelle sur le dos pour 20000 riels ($4) par personne.
Aux premières heures de la journée, une multitude de petits commerçants, propos de tout, depuis les objets de culte, jusqu’aux oiseaux porte-bonheur.
On trouve aussi des diseurs de bonne aventure pour prédire l'avenir.


Sans compter les photographes qui ont des allures de paparazzi et les bandes de singes en liberté.
Attention de ne pas trop s'approcher des petits singes, les ainés deviennent très vite agressifs !
Depuis environ quatre vingt dix ans, ce site a été planté d’arbres aux essences spécifiques, constituant un arboretum unique au Cambodge.
On retrouve encore une quarantaine d'espèces d’arbres qui ont survécu aux heures difficiles de la ville, portant une plaque bleue avec lettres blanches, pour les identifier.


Pour les lecteurs khmers, ils reconnaitront le célèbre « koki » cet arbre orignaire des forêts du confins du Laos, qui est planté en lisière, tout autour du Wat.
On peut regretter que ces arbres servent de promotion pour toute sorte d'affichage.

L'entretien de ce petit parc est assuré par une armée de balayeuses qui s'activent dès le petit matin. Quelques heures plus tard, tout est à refaire.
Si vous passez près du Wat, de nuit, vous pourrez apercevoir la grande pendule sur la butte dont les heures sont illuminées ainsi que le Wat. La stèle commémorant la récupération des territoires du Nord par le traité de 1907 est également illuminée.

Au premier niveau des stupas, les étrangers se voient taxés de $1, par des gardiens en tenue bleue foncée...
Aucun ticket ou coupon n'est délivré, mais c'est nécessaire à l’entretien et la conservation du site, selon un réglement municipal. Les Cambodgiens y ont accès libre.
Autre particularité : l'horloge du wat carrillonne, avec un peu d'avance sur les grandes aiguilles.
Moly Chhay/AC/PF



Tarifs : 1$ pour étrangers / Gratuits pour les Cambodgiens

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